Après trois heures d'un cortège rempli d'intrigues, de rires, de confettis et d'entrain, les Blancs Moussis arrivent sur la Place Saint Remacle pour danser leur Rondeau final (vers 17h00-17h30).

La musique a été composée par Raymond Micha. Elle est toujours exécutée par l'Emulation. Pendant ce Rondeau, les Chars vident leurs dernières réserves de confetti sur une foule exaltée et les Blancs Moussis, qui parfois oublient leur pas, "suivent leurs géants" joyeusement.

Pêcheur

Mais comment mieux évoquer le rôle réel, le rôle profond du Blanc Moussi dans le cortège qu'en reprenant le "rêve" que nous conta Pierre PHILIPPART lors de notre Assemblée Générale de mai 1986, la dernière qu'il présida comme Grand-Maître en exercice :

"C'était le jour du Laetare. Les Blancs Moussis, en nombre, étaient de la fête. J'en étais. Mon masque blafard, au nez vif et moqueur, couvrait mon visage. Tout de blanc vêtu, de la tête aux pieds et des pieds à la tête, je brillais sous le soleil généreux, tant mon uniforme avait été soigneusement blanchi alors que ma capuche fraîchement amidonnée et repassée, pointait son sommet vers le ciel.

Ma cape, drap de lit méticuleusement plié au repassage avait été soigneusement dépliée et jetée avec adresse sur mes épaules.

Nette, elle tombait dans mon dos, ne laissant apparaître dans le bas qu'une seule pointe laquelle s'arrêtait à cinquante centimètres du sol. Bref, j'étais un Blanc Moussi habillé dans les règles de l'art et fier de l'être.

Mes compagnons de sortie étaient de même et nombreux tous les uniformes et les masques de groupe faisant tache vive et blanche sur la foule bariolée venue faire la haie au cortège pour se réjouir avec chacun de nous et avec tous les Blancs Moussis.

Sac de confetti normalement rempli, attaché à la ceinture pour me laisser toute liberté de mouvement, j'avais à la main, bien gonflées, vessies de porcs ou de bœufs, quelques-unes nouées en réserve à ma ceinture. J'étais paré pour jouer pleinement mon rôle.

Depuis un bon moment, le cortège était en marche et le signal de départ de notre groupe venait d'être donné.

Prenant leçon du proverbe wallon disant "Qui va doû va long", loin de me ruer dans l'espace nous assigné qui s'ouvrait pleinement tous et chacun; pensez donc toute la fanfare, des chars souffleurs de confetti, je partais posément gardant le contact avec la foule comme avec les confrères qui m'entouraient n'ayant de cesse d'être en mouvement.

Je sautillais à petits pas, grognant sans désemparer mais posément, pour conserver ma voix, donnant un léger coup de vessie par ci, un léger coup de vessie par là, dans la foule surprise de la découverte d'un tel personnage masqué.

Poursuivant gentiment tout en l'intriguant, une belle blonde apeurée et criarde qu'effrayait mon personnage, je jetais mes confetti vers le haut pour qu'ils retombent et s'éparpillent sur la foule grisée.

J'étais là non pour la brutaliser mais l'amuser et la faire participer. La voyant rire et joyeuse, je devenais gai à mon tour sous le masque et m'activais à mon jeu sans perdre de vue que je faisais partie d'un groupe et que vers lui sans cesse je devais me rapprocher à distance raisonnable, gardant le contact mais aussi l'espace suffisant pour garder ma liberté d'action et ne pas oublier de toujours et sans cesse me mouvoir.

Si mes jambes étaient à l'arrêt, c'était alors à mon corps de se mouvoir, à mon visage avec son masque au long nez de prendre des poses amusantes, frondeuses. Le public était hilare et n'avait de cesse de coopérer à mes facéties.

Blanc Moussi, je n'étais pas ce coureur à pied qui fait trois cents mètres au galop, se fatiguant outrageusement à frapper de ses vessies, bousculant le public pour enfin se retrouver inerte au milieu de l'espace lui assigné, y traînant la jambe pour avoir outre passé ses forces, faute d'entraînement.

Je n'étais pas celui qui continue à figurer simplement pour bientôt lever son masque car il ne profite plus de son rôle et sort bientôt des rangs sans se signaler pour aller vider la bière qu'il espère va le ragaillardir, alors qu'elle lui alourdira les jambes, le fera transpirer et le rendra inopérant faisant tache pénible lorsqu'il voudra se remettre à jouer.

Que non, j'avais promis de jouer mon rôle et je savais y faire.

Si j'approchais la fanfare qui précédait le groupe et entretenait son allant, je revenais sur mes pas, toujours sautillant gentiment, et avec originalité et imagination, réintriguais d'autres spectateurs qui croyaient avoir évité mes plaisanteries et s'étaient réjouis trop tôt.

Et sans lever mon masque pour un oui ou pour un non je persistais jusqu'au rondeau final m'octroyant bien sur quelque répit lorsqu'une halte du cortège était prévue par l'organisation."

Appuyés par leurs chars souffleurs noyant les spectateurs sous une avalanche de confetti, arrivent enfin les Blancs Moussis et parmi eux quelques rôles devenus traditionnels :

Une fois notre groupe rassemblé à ce point de départ, le cortège s'ébranle et pendant plus de deux heures les 40 sociétés et groupes stavelotains ou invités qui le composent vont distraire, apporter de la joie, faire rire et sourire la foule des spectateurs émerveillés avant que ne déferle sur eux le tourbillon BM qui clôture ce cortège toujours haut en couleurs et pour lequel Stavelot s'est vu attribué le titre enviable de "Capitale du Laetare".

Nous ne pouvons manquer de rappeler ici que l'organisation de ce cortège relève du Comité des Fêtes actuellement présidé par André BURTON.

Profitons que les Blancs Moussis, en attendant de s'élancer à leur tour dans le cortège, battent la semelle... ou plutôt savourent le petit blanc chez quelques amis du coin, pour nous attarder un peu sur leur uniforme. La taie d'oreiller que l'on portait double, presque repliée, est devenu capuchon. Les ceintures de cuir que l'on voyait encore au début des années 50 sont devenues blanches elles aussi de même que les chaussures, obligatoirement sandales blanches de tennis. La cape de forme rectangulaire pliée suivant une diagonale doit toujours avoir le plus grand triangle à l'extérieur.

Enfin, le masque en carton est devenu rare... et recherché, sa production ayant disparu depuis près de quinze ans, le masque en polyester l'ayant actuellement remplacé. Mais c'est maintenant notre tour !...

Derrière l'Emulation et sous la supervision attentive des frères Henrard et d'André OTTE, les "petits" Blancs Moussis, la relève de demain, s'élancent pleins de fougue et d'ardeur.

En tête de cette file, une centaine de "petits" Blancs Moussis, fils de "grands", et âgés de 7 à 14 ans. Ils sont d'habitude entre 120 et 140. Suivent les deux géants, l'échelle, les pêcheurs, les ramons puis toute la "troupe BM", soit environ 250 adultes, et enfin les chars souffleurs. L'Emulation a déjà atteint le Collège St-Remacle, notre point de départ pour le cortège que les derniers Blancs Moussis se mettent à peine en mouvement !...

Le Cortège du Dimanche du Laetare

 

Enfin le grand jour est arrivé !

Alors que nombreux sont ceux qui n'ont regagné leurs pénates qu'au chant du coq, l'équipe du char est tôt au poste pour les derniers préparatifs, les dernières vérifications et la mise en place des chars, confetti, géants et échelles au point de départ du cortège.

Pendant ce temps, d'autres Blancs Moussis représentent la Confrérieà la réception offerte par le Comité des Fêtes dans la salle capitulaire puis, vers midi, le Chapitre, les responsables et quelques autres BM qui se sont plus particulièrement dévoués dans la préparation du Laetare, se retrouvent pour un repas fraternel.

 

 

 

 

 

 

 

 

A 13 h 30, tous les Blancs Moussis ainsi que l'Emulation se regroupent au-dessus de la rue Neuve. Rappelons ici que, depuis 1964, à l'occasion du Laetare mais aussi lors de déplacements à l'étranger organisés par la Confrérie, les musiciens de l'Emulation revêtent l'uniforme BM et nous précèdent dans le cortège.

Une fois terminé l'approvisionnement en confetti (1 à 2 kg de confetti par BM), il est presque 14 h lorsque l'Emulation entame, en musique, la descente de la rue Neuve pour gagner le départ du cortège. Elle est immédiatement suivie par l'ensemble des Blancs Moussis, dans une impressionnante file indienne, masqués et grognants.

 

 

 

 

 

 

 

L'échelle

Rondeau Final